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Tribune et contre-tribunes : un pas en arrière, trois pas en avant !


Le 7 décembre 2023, France 2 diffuse, dans l'émission Complément d'enquête, un sujet sur Gérard Depardieu. Le titre en est : "La Chute de l'ogre". 


Cette émission fait grand bruit. 


Le 25 décembre 2023, une tribune de soutien à l'acteur ("N'effacez pas Gérard Depardieu") est publiée par Le Figaro. A son origine, Yannis Ezziadi (comédien, éditorialiste réactionnaire) y parle de l’acteur et de son talent, et de la présomption d’innocence. 

Quand on en regarde les signataires, on relève : des actrices, des acteurs, des réalisatrices, des réalisateurs, des personnalités bien en vue… une moyenne d'âge de 70 ans et des gens qui, pour la plupart, font partie de la classe dominante du cinéma français. Nulle signature des jeunes actrices, des habilleuses, des figurantes et figurants, des régisseuses, des costumières, des techniciennes de l’image et du son, des accessoiristes ou des stagiaires qui ont eu à subir les agissements de la star.


Mais de quels agissements est-il question exactement ?

Il y a "la grivoiserie" (selon la tribune en question), qui est en réalité un harcèlement sexuel d'ambiance, subi par toutes celles et ceux forcé.e.s de rester à leurs postes tandis qu'il éructait des propos obscènes, sexistes et dégradants à voix haute sur les plateaux. 

Il y a ensuite les nombreuses "mains baladeuses" qui sont, selon la loi, autant d’agressions sexuelles. Ce sont ses mains en contact avec les seins, les fesses ou le sexe, de très nombreuses femmes qui ont eu à le côtoyer, sur des tournages où il abusait de sa position de “plus grand des acteurs”. 

Et puis il y a les accusations de viol pour lesquelles la justice doit faire son travail. (Rappelons que dans les affaires d'agression sexuelle les condamnations sont rares, et qu'un non-lieu ne signifie pas l'innocence, mais l'absence d'éléments suffisants pour se prononcer.) 


Tous ces comportements étaient légalement répréhensibles depuis longtemps. L’acteur a pourtant bénéficié d'années de tolérance, parfois gênée, souvent complaisante. Contre cette impunité, il est nécessaire de poursuivre les efforts de formation et d’information. La Cellule d’écoute Audiens peut jouer son rôle de surveillance. Il est important de lui rapporter les problèmes rencontrés sur les plateaux (notamment pour repérer les comportements abusifs répétés par certain.e.s, de tournage en tournage). La documentation des faits (preuves, témoignages) est un aspect primordial pour permettre à la justice de s’exercer. 


Dans ces affaires, Gérard Depardieu n’est pas la victime, contrairement à ce que veulent nous faire croire les signataires de la tribune du Figaro. Et l'appel à la présomption d'innocence envers les accusés se transforme trop souvent en condamnation a priori des plaignantes (comme menteuses, opportunistes). Laisser faire la justice c'est aussi respecter leur parole. S'il y a un matraquage médiatique depuis quelques semaines, ce n'est pas un lynchage (ce mot renvoie à une réalité historique qui ne l’a jamais concerné). La société progresse et elle ne tolère plus, ni n’excuse plus, ces agissements abusifs. Si aujourd'hui la justice est finalement en marche, c'est grâce au courage des victimes et au support de certaines personnalités et médias. Nous leur en sommes reconnaissant·e·s et nous leur affirmons notre soutien.




Depardieu : contre-tribune des artistes (Cerveaux non disponibles)


Plutôt que de défendre un "monstre sacré", défendons-nous à l'avenir de sacrer des monstres.



  • Comprendre et caractériser les violences et le harcèlement au travail : ICI

Violentometre---Notice
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impression_Affiche VHSS FALC
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  • Plus d'informations sur les dispositifs spécifiques à nos métiers : ICI

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